Voyager avec des enfants …

travelling with kids

Sur la route avec des enfants … ou comment réapprendre complètement à voyager

Cela fait presque trois semaines que nous avons quitté notre « maison » pour prendre un chemin de famille nomade. Hao et moi avons chacun voyagé au long cours -en fait c’est comme ça que nous nous sommes rencontrés, il y a 7 ans, dans un train entre Jaipur et Jodhpur en Inde. Nous vivions dans l’instant, nous reposant sur notre instinct pour naviguer dans et entre les villes, les pays, les cultures. Nous étions enthousiastes et capables de nous adapter aux situations, être spontanés et retomber toujours sur nos pattes.

Réalité de voyage

Notre première semaine au Mexique a été un vrai défi de bien des façons. Trouver un lieu pas cher pour dormir, trouver un lieu pour manger sans casser notre tirelire, trouver un lieu pour utiliser les toilettes… vivre nomade avec des enfants est complétement différent ! Planifier la journée selon ce qu’ils pourront faire, jauger combien ils pourront marcher, penser au goûter, au déjeuner, au dîner, à la lessive (à la main), la sieste et la douche. C’est vraiment une autre manière de voyager et au début, c’est un vrai challenge!

Nous sommes toujours en période d’apprentissage, et recherchons encore un rythme qui nous ira à tous. On a le sentiment qu’on s’en rapproche, petit à petit, mais c’est un parcours du combattant – expérimenter,  s’impatienter, avoir des petits succès et faire face a quelques challenges, ici et là.

Premiers jours… dur dur.

Les premiers jours dans la ville de Mexico ont été très dur. J’avais ce qui est connu sous le doux nom de « tourista » (ça a duré plus d’une semaine!) et notre hébergement laissait franchement a désirer : super bruyant la nuit, et la plupart du temps il n’y avait pas d’eau dans l’hôtel. Pas d’eau, donc la lessive qui s’entasse, impossible d’utiliser les toilettes ou même de prendre une douche (Gaia s’est retrouvé coincée un jour avec la tête  couverte de shampoing!). Pendant les premiers deux-trois jours, nous avons fait le tour des hôtels aux alentours, appelé beaucoup des hôtels « meilleur prix » de notre guide mais tout était complet (à cause de la très attendue fête de l’indépendance). Nous avons fini quelques jours plus tard dans une chambre encore pire que ce que nous avions (sombre, sans air, et plutôt sinistre atmosphère …). Il était temps de quitter Mexico City et se rendre dans une ville plus petite.

Bouger.

Le matin suivant, nous avons appelé une auberge de jeunesse à Puebla (une ville située a deux heures de bus de Mexico) et avons réservé une chambre pour deux nuits. Seulement pour nous rendre compte, une fois arrivés à l’hôtel, que nous ne pourrions rester qu’une seule nuit et dans une chambre beaucoup plus chère que celle que nous avions réservé (merci a une « petite erreur » de la directrice de l’auberge…). On prend les mêmes et on recommence. Regarder dans le guide, appeler des hôtels, rien de disponible… et finalement décider de bouger à nouveau. Le lendemain, nous avons donc appelé l’hôtel Pochon à Oaxaca (à 5 heure de bus de Puebla), réservé une chambre, et pris la direction de la station de bus, attendu 4 heures avant de pouvoir enfin monter à bord de notre bus classe « exclusive » (tous les autres bus étaient complets, à part celui ci, le plus cher, évidemment).

Market stall in Puebla
Market stall in Puebla

Ralentir

Bouger tellement et si vite, ça n’est pas tellement notre façon de voyager et ça n’est pas tout a fait la façon dont nous avions imaginé notre première semaine en mode nomade au Mexique. Nous étions tous fatigué, d’autant plus puisque j’étais super malade la plupart du temps et que j’avais besoin de repos. Alors ici, à Oaxaca, nous avons décidé de ralentir, déposer un peu nos sacs à dos et nous préparer à une expérience différente que celle vécue jusque là.

Les premiers jours, nous avons entrepris de chercher un appartement à louer à petit prix pour un mois et pour finalement décider de rester dans l’hôtel où nous étions (un super endroit où vivent plusieurs volontaires de différentes origines) où la gérante nous a proposé un tarif mensuel qui nous allait bien pour une chambre privée, accès à un espace commun (cuisine, espace détente) ou Gaia et Keano passe beaucoup de temps avec les volontaires et voyageurs de passage, ce qui nous permet aussi, à Hao et moi, de souffler un peu!

Nos journées sont partagées entre marcher pour découvrir la ville, aller au marché et nous occuper des quelques tâches qu’il nous faut accomplir (lessive, cuisine, décider des activités de la journées, essayer d’apprendre l’espagnol). Nous avons même pu rendre visite à une association locale pour envisager de faire du volontariat pour quelques semaines. Tout n’est pas parfait encore, mais on trouve un rythme petit à petit, et les journées sont un peu moins chaotiques, un peu plus spacieuses ! Et puis il y a des choses que nous voulions faire à Oaxaca auxquels nous avons du renoncer pour des raisons de budget (les cours d’espagnol, qui ne sont pas si abordables au Mexique – une semaine de cours, 2 heures par jours, peut coûter plus qu’un salaire moyen mexicain pour un mois…)

Marcher sur la ligne

On essai de voyager tranquillement, sereinement, de prendre notre temps. Notre principal moyen de déplacement n’en reste pas moins… nos pieds! Nous marchons, nous marchons et nous marchons.  Ça demande une certaine dose de stratégie pour faire marcher les enfants, en particulier pour Gaia qui passe encore une bonne partie de nos promenades dans les bras ou sur les épaules. Mais elle marche de plus en plus, chaque jour, en partie parce-qu’elle s’adapte, en partie aussi je pense parce que nous devenons meilleurs pour l’inviter à marcher! Parmi les stratégies que nous avons essayé, jouer à « marcher sur les lignes » est un grand succès ces derniers jours.

Walk on the line
Walk on the line

Evidemment, la promesse d’une glace ou autre gourmandise marche aussi, mais nous utilisons ça avec une extrême modération (il faudrait pas que ça devienne une habitude) ! 🙂

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Essayer de faire des pauses, apprendre a apprécier d’observer ce qui se passe autour de nous, découvrir la ville, l’architecture et les monuments tout en jouant… autant de façon de faire quelques pas de plus … jusqu’à ce que non, il n’y aura pas un pas de plus et il est temps de remonter sur les épaules.

You can find the english version of this article here: http://wp.me/p7Sa0s-2P

 

2 Commentaires

  1. Wouah, je vous envie d’avoir le courage et la ténacité de faire ce genre de voyage, c’est génial pour vous et les enfants, je suis admiratif. Merci de nous faire partager cela. Bonne route à bientôt

    1. Merci Christophe!! 🙂
      Heureux de lire ton message, comment ça va par chez toi ??

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